Dans la construction publique, il n'y a pas de géant. Mais le sortant gagne quatre fois sur dix.
121 736 marchés notifiés en 2026, 84,3 milliards d'euros, 26 834 entreprises titulaires. Et pas un seul acteur qui domine. Pourtant, 37,6 % des marchés reviennent au même gagnant que l'année précédente. Voici pourquoi.
Le mythe du géant
On imagine volontiers que quelques majors se partagent la construction publique. Les chiffres disent autre chose.
| Construction | Tous marchés | |
|---|---|---|
| Entreprises titulaires | 26 834 | 55 947 |
| Part des marchés du top 1 % | 19,6 % | 48,5 % |
| Part des marchés du top 10 % | 51,5 % | 84,6 % |
| Plus gros gagnant | 169 marchés | 2 928 marchés |
La construction publique est le marché le moins concentré. Le plus gros gagnant y remporte 169 marchés — là où le premier titulaire national en remporte 2 928. Il n'y a pas de monopole : il y a des centaines d'entreprises régionales qui se partagent le gâteau.
Les gagnants
| Entreprise | Marchés |
|---|---|
| Entreprise Bonglet | 169 |
| Kone | 130 |
| Guintoli | 129 |
| TK Elevator France | 125 |
| Etandex | 116 |
| Union Technique du Bâtiment | 105 |
| Kerleroux | 101 |
| SAUR | 96 |
| Ridoret Menuiserie | 91 |
Ce sont des entreprises régionales et des spécialistes — ascenseurs, étanchéité, menuiserie, services. Pas de major nationale dans le haut du classement.
Le paradoxe
Si le marché est ouvert, pourquoi le sortant gagne-t-il si souvent ?
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Marchés notifiés | 121 736 |
| Montant total | 84,3 Md€ |
| Montant médian | 136 643 € |
| Acheteurs distincts | 10 989 |
| Marchés à une seule offre | 16,8 % |
| Taux de reconduction au même SIRET | 37,6 % |
37,6 % des marchés de 2025 sont revenus au même titulaire qu'en 2024. Ce n'est ni la taille ni la concentration qui explique cet avantage : c'est le fait d'être déjà là.
Trois explications possibles
Nous n'avons pas de données pour trancher entre elles. Voici ce que l'on peut et ne peut pas dire.
| Hypothèse | Ce qui la soutiendrait | Ce qui la contredit |
|---|---|---|
| L'avantage du sortant : il connaît le dossier, l'acheteur, les attentes | 37,6 % de reconduction | Ce taux baisse à 25,6 % sur six ans |
| La préférence de l'acheteur pour l'option connue | les marchés sans nombre d'offres déclaré sont les plus reconduits | aucune donnée sur les critères d'attribution |
| Un marché de niche où peu d'entreprises peuvent répondre | la moitié des marchés a moins de 3 offres | la médiane est de 3 offres, pas de 1 |
Aucune de ces explications n'est prouvée. La donnée publique ne dit pas pourquoi un acheteur choisit de reconduire. Elle dit seulement que ça arrive, et à quelle fréquence.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Une reconduction n'est pas une faute. Le sortant peut gagner parce qu'il est le meilleur ou le moins cher.
- Le titulaire est comparé au SIRET près, pas au groupe. Un groupe qui gagne via plusieurs filiales n'est pas compté comme une reconduction.
- La paire (acheteur, division CPV) est large. Deux marchés de construction la même année peuvent porter sur des travaux différents.
- Les montants sont des estimations déclarées, pas des dépenses réelles.
- La durée n'est pas toujours renseignée : un marché multi-annuel peut apparaître plusieurs années de suite.
Ce que ça change pour un candidat
La question n'est pas « qui domine » — personne ne domine. Elle est : chez quels acheteurs le sortant gagne-t-il le moins ?
C'est une question à laquelle nos données répondent acheteur par acheteur, marché par marché. Pas une opinion : une mesure.
La construction est un cas parmi d'autres. Le taux de reconduction varie de 17 % à 39 % selon ce que vous vendez. Cherchez un acheteur, ou prenez les données.
Chercher un acheteur →Méthode. Source : DECP 2026 (data.gouv.fr), dédoublonnée par clé de contenu. Reconduction calculée sur (acheteur, division CPV, titulaire SIRET) entre 2024 et 2025. Protocole complet. Une erreur ? Signalez-la.